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 Une journée de Pâques bien étrange.

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Suika

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Messages : 38
Date d'inscription : 13/07/2012
Age : 24
Localisation : Bruxelles

MessageSujet: Une journée de Pâques bien étrange.   Sam 14 Juil - 12:29

Hey :3 Voilà le premier texte que je poste ^^ C'était pour un concours sur un forum, on devait raconter une journée de la chasse aux oeufs ! Et comme mon imagination est plutôt folle, je suis partie dans un truc trop étrange :D ! Enfin, dites moi ce que vous en pensez :3 ❤

Une journée de Pâques bien étrange a écrit:
Ce matin était un matin comme les autres. On se lève, on mange, on s’habille. Aussi paisible qu’un jour ordinaire. En apparence. Tout est toujours en apparence. Dès que l’on creuse un peu, la vérité refait surface. Mais aujourd’hui, ce n’était pas le débat du jour. Non, en cette matinée plus qu’ensoleillé, se cachait un jour spécial. Jour qui revenait chaque année. Jour qui se répétait sans cesse dans les moindres détails. Rien ne changeait pour le plus grand bonheur des adultes. Parce que tout le monde sait que la nouveauté fait peur. Que la nouveauté ouvre des portes inconnues, prêtes à vous faire perdre vos plus précieux moyens. Et moi, comme chaque année depuis quinze ans, je retournais pour jouer à leur jeu. Jeu étrange, jeu de terreur. Vous ne me croyez pas ? Suivez-moi donc durant cette journée…

Vacances d’avril. Vacances de Pâques. Poules, lapins, cloches, œufs, chocolat. Tout cela était réuni en cette journée pour la chasse aux œufs de Pâques. Vous vous souvenez quand petit vous alliez dans votre jardin, ramassiez les morceaux de chocolats en tout genre et que vous remerciez les cloches ? Ici, à Bistrol, petits et grands participaient à cette chasse au trésor. Ce n’est qu’à l’âge de dix-sept ans que vous n’aviez plus le droit de mettre un pied dans cette immense salle comme ils aimaient l’appeler. Une sorte d’énorme local décoré façon grande forêt. Même si c’était pareil chaque année, dès que vous y mettiez un pied, votre esprit était toujours autant émerveillé.

Ce matin donc, toute la ville se réunissait sur la grande place afin de suivre le maire qui nous conduirait au paradis des tous petits. Les plus grands derrière. Après quelques minutes de marche, nous arrivions enfin devant l’imposant bâtiment. Comme à son habitude, le maire nous fit son petit discours, nous rappelant que ça ne servirait rien de nous battre pour tel ou tel œuf en chocolat, qu’il y avait de toute façon assez pour tout le monde, et qu’à la fin du parcours, il y aurait une récompense pour un seul enfant, une sorte de gagnant. Récompense qu’il y avait chaque année. Et je ne me rappelais pas d’avoir vu un seul gosse avec ce cadeau. A croire qu’ils se volatilisaient dans la nature.

Quatorze heures sonnait à l’horloge. Il était temps de se mettre en route. Pour une raison quelconque, je ne me sentais pas dans mon élément. Toutes les fibres de mon corps ressentaient comme un danger présent. Mais j’aurais été bien incapable de mettre ne fusse qu’un doigt dessus. Quoiqu’il en soit, nous pouvions enfin entrer dans l’antre des cloches de Pâques. Nos parents eux, nous attendaient à la buvette du coin, attendant que leurs mômes rapportent pleins de sucreries en tout genre. Pour ma part, je n’avais pas encore aperçu les miens. Oh, pas que je m’en tracassais, disons qu’ils étaient la plupart du temps absent. Et ce depuis maintenant presqu’un an. En tout et pour tout, je les voyais genre une ou deux fois par jours. Et encore, c’était beaucoup dire. Mais je ne m’en plaignais pas plus que ça. J’avais pris l’habitude de me débrouiller par moi-même, et de plus, ça me permettrait d’avoir plus de chocolat pour moi toute seule.

Alors que les portes s’ouvraient enfin, l’odeur d’un chocolat sucré remplit mes narines. Juste avec ça, j’avais déjà l’eau à la bouche. Mon esprit s’embrumait, j’avais envie de bousculer tout le monde pour arriver la première dans la pièce, et me jeter sur les sucreries en tout genre. La voix du maire me sortir de mes rêves. Il nous annonçait que la chasse aux œufs était enfin ouverte. Comme une nuée d’abeille, tous les jeunes gens foncèrent dans un seul mouvement vers cet endroit désiré de tous. Une fois que tout le monde fut à l’intérieur, les lourdes portes de chêne se refermèrent d’un seul coup derrière nous. C’était parti les amis. D’un seul coup, les plus jeunes se ruèrent sur les œufs qui étaient le plus voyant. Les plus âgés partirent eux dans les profondeurs de la pseudo-forêt. Moi, comme chaque année, pendant quelques minutes, je restais sur place, subjuguée par la beauté de l’endroit. A croire que c’était des fées qui avaient fait tout cela. Des arbres de toutes les couleurs montaient jusqu’au plafond couleur bleu ciel. De l’herbe rose recouvrait le sol dans son entièreté. Une douce musique flottait dans les airs, donnant envie de se coucher par terre et s’empiffrer de chocolat jusqu’à plus faim.

Je n’avançais pas par pas, regardant partout où mes yeux pouvaient se poser. J’avais envie de danser, de chanter. Néanmoins, je gardais ma bouche close. Tout était comme dans un conte de fée. Je m’accroupis face à un immense massif de rose couleur mauve. A l’intérieur une sucette à la fraise de la taille d’une main de géant trônait. Je l’extirpais vivement de sa cachette. Heureuse de mon acquisition, je la mis dans mon panier, tout en continuant mon chemin. Je croisais d’autres enfants de la ville, tous aussi joyeux les uns que les autres. Aucunes ambiances malsaines ne faisaient surface. On gambadait, courait, rigolait. Je planais sur un nuage.
Après plus d’une heure de recherche, mon panier était aussi bourré qu’une dinde fourrée. Je n’avais encore rien gouté. Préférant garder toutes ces merveilles pour plus tard. Contrairement à moi, d’autres étaient barbouillé de chocolat ou se tenait le ventre parce qu’ils avaient trop mangé. Je me souvenais de l’année de mes huit ans où j’avais fait une crise de foie. J’avais tout mangé avant de sortir. Tout à coup, on entendit quelqu’un crier. Dans un seul mouvement, toutes les têtes se tournèrent vers la source du hurlement. Et c’est avec des yeux ronds comme des ballons que nous vîmes apparaître une énorme fontaine en trois parties. Chocolat, fraise et ce qui ressemblait à de la vanille. Une fois encore, on se rua tous ensemble vers cette merveille. Curieusement, il y avait assez de place pour que la centaine d’enfants puissent y tremper ses mains. Amoureuse de la fraise, mes mains dégoulinaient de se parfum exquis. Mes narines étaient emplies de ce doux arôme. Plus rien n’avait d’importance si ce n’est ce coulis de fruits rouges qui rampait le long de mes bras. Mon panier à mes pieds, mes doigts dans la fontaine, et plus rien ne comptait.

Peu à peu, je sentais que mon ventre devenait aussi lourd que de la pierre. Me rappelant de ma crise de foie, je me retirais tant bien que mal de la fontaine de tout désir. D’autres merveilles avaient fait leur apparition entre temps. Du plafond, on voyait tomber des petits bonbons ronds multicolores. Délicieux. Vous n’aviez qu’à lever la tête pour en gober. Des mini fleurs poussaient un peu partout, avec en leur centre un œuf de Pâques aux dessins étranges. Si vous aviez de la chance, vous tombiez sur un œuf au goût de violette. Sinon, c’était un simple œuf dur. L’herbe quant à elle, poussait à la vitesse d’un ras de marée. Bientôt, elle nous arriverait aux hanches. Si vous cueillez un bout et que vous le mettiez sur votre langue, celui-ci fondait comme neige au soleil, laissant un goût sucré sur vos papilles gustatives. Un délice. D’autres choses de ce genre firent leur apparition.

Il était presque cinq heures lorsque les sucreries de Pâques commencèrent à disparaitre. Signal qu’il fallait se diriger vers la sortie. Mon panier était plein à craquer, et mon ventre menaçait de faire pareil. Pour une raison quelconque, cette année avait été encore plus riche que les précédentes. Oh, nous n’allions pas nous en plaindre. Tandis que j’arrivais vers la sortie, un panneau lumineux fit son apparition devant moi. « Tournez à droite. Vous semblez être le prochain gagnant ». Je dus m’y reprendre à plusieurs fois avant de comprendre que c’était moi. J’allais enfin comprendre ce qu’était ce fameux cadeau. Mes parents allaient enfin revenir vers moi. Pas vraiment lucide après les tonnes de bonbons que j’avais avalé, je ne réfléchis pas à deux fois avant de m’engager dans le terrain en pente. Toute l’allée sentait les roses, des petites lucioles m’accompagnaient. Je me mis à danser, à chanter, et à gambader sur ce chemin de terre.

Ce n’est qu’au dernier moment que je me rendis compte qu’un gouffre s’ouvrit à dix centimètres de mes pieds. Trop tard pour faire demi-tour, je tombais en son creux. Dans ma course folle, je perdis mon panier. Et quelques mètres plus tard, je me retrouvais sur les fesses sur un matelas mou. Et je tombais dans les pommes. Je me réveillais quelques heures plus tard. J’étais dans une pièce noire. D’autres enfants m’entouraient. Des paniers conçus pour la chasse des œufs trônaient un peu partout. Levant la tête, j’aperçu le ciel sombre. Ainsi que des chaînes. Je tournais mon visage vers les enfants. Ils étaient terrorisés. Et je me rendis compte qu’ils n’étaient qu’autres que les anciens gagnants. A certains, ils manquaient un bras, à d’autres un doigt. Cicatrices, blessures en tout genre. Je compris que trop tard que j’étais tombée dans un piège. Voilà pourquoi nous ne revoyons jamais les gagnants. Nous étions voués à devenir les esclaves de Bistrol. « Bienvenue dans les sous terrains chère Savannah. Tu as eu l’honneur d’être choisie pour créer la prochaine chasse. A bientôt ». Voix d’outre tombe. Terreur ambiante. Mes parents étaient au courant. Eloignement. Proie. Esclave. Tous ces mots tournaient en boucle dans ma tête. Tout prenait un sens. Bistrol. Terreur. On ne pouvait partir de cette ville. On était voué l’échec à l’avance. Chasse aux œufs de Pâques ? Ou plus communément appelée chasse aux enfants pour Pâques. Je fermais les yeux.
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MessageSujet: Re: Une journée de Pâques bien étrange.   Sam 14 Juil - 18:55

J'ai lu ton histoire et même si elle a un coté glauque, le fait qu'elle se fasse avoir, que ses parents sont souvent absent * autrement dis elle est pas super heureuse :( * ba avec la musique triste que j'écoutais j'en ai eu les larmes aux yeux x)... Je sais j'ai l'air bête mais j'aime ta façon d'écrire. Tu sais tenir en haleine, j'ai cru au début qu'elle allait tomber dans la fontaine au chocolat puisqu'elle se sentait lourde ( j'ai cru qu'elle se changeait en pierre) et en fait non. Je me suis dis, ouf il ne lui ai rien arrivé et c'est la fin de la course mais ensuite je me suis dis c'est trop simple et j'ai alors compris ^^'. Bref j'ai adoré...
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Suika

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MessageSujet: Re: Une journée de Pâques bien étrange.   Sam 14 Juil - 19:47

** T'imagines pas comment ton commentaire m'a fait trop plaisir ! C'est toujours une réelle joie que de lire des réponses comme ça ! Et puis savoir que tu as eu les larmes aux yeux rien qu'en lisant mon texte... *o* Merci ♥ Contente que tu ais adoré en tout cas !
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Red Fly
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MessageSujet: Re: Une journée de Pâques bien étrange.   Sam 14 Juil - 22:38

De rien :) j'aime ton style d'écriture, c'est fluide, agréable à lire au plus haut point. Si tu en as d'autres hésites pas (a).
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